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RDC : Une impossible instruction à distance en cours d’essayage

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Suite au Coronavirus, depuis plusieurs semaines, le ministère de l’éducation avec ses organes techniques, certaines organisations non-gouvernementales et les médias s’activent dans l’objectif de dispenser des cours à distance aux enfants en passant par la radio et la télévision. Une bonne idée certes mais qui pose un questionnement sur sa praticabilité dans le contexte congolais.

Par Akilimali Saleh Chomachoma

Cette période est exceptionnelle dans le monde car jusqu’en Mai, près de la moitié de la population était confinée chez elle pour limiter la propagation du Corona virus. Dans cette optique plusieurs pays ont choisi l’enseignement à distance. La République Démocratique du Congo comme un des meilleurs élèves du système international a aussi lancé son programme d’enseignement à distance. Mais comme l’internet est inaccessible, le ministère ayant l’éducation primaire et secondaire dans sa tutelle a choisi la diffusion des cours à la radio et à la télévision. Cette mesure parait salvatrice d’une année scolaire qui s’annonce longue, si pas blanche. D’abord parce qu’elle a commencé plus de quatre semaines de retard suite à la grève des enseignants après l’annonce du gouvernement sur la gratuité de l’enseignement, puis par la suite avec la pandémie de coronavirus. Mais plusieurs velléités sont à dénicher dans cette procédure exceptionnelle.

L’accès aux médias.                                                   

La télévision, un loisir pour les villes seulement. La télévision est un luxe dans certaines villes congolaises à faible distribution du courant. C’est comme à Butembo où les télévisions elles-mêmes diffusent à temps partiel pour réduire la consommation du carburant des générateurs. Dans certains villages, la télévision ne sert que pour visionner les films et séries télévisées car les chaines n’y émettent pas.  Dans d’autres coins, c’est un rêve qui ne réalise que les jours des fêtes chrétiennes. Avec une couverture à 40% du réseau électrique, la télé est aussi touchée.

Même si des recherches approfondies ne sont pas encore faites sur le sujet, l’audience des chaines de télévision d’éducation et de divertissement, majoritairement, les téléspectateurs congolais préfèrent le divertissement. Certains partent sur des bouquets pour voir les télénovellas, les séries africaines nollywoodiennes, américaines et indiennes. D’autres choisissent des films africains, des théâtres et feuilletons humoristiques télévisés.

Une forte présence radiophonique mais…

La radio est belle et bien présente en RDC plus que dans plusieurs pays d’Afrique. Mais la couverture est inéquitable. L’exemple est qu’une ville comme Goma compte près de 20 radios pendant que tout le territoire de Walikale n’en compte que deux qui n’arrosent pas le 50% du territoire. Les radios qui couvrent le territoire national sont communautaires majoritairement. Elles fonctionnent habituellement sans moyen et pas à temps plein. Son personnel est constitué des volontaires exerçant d’autres activités professionnelles pour la survie.

Une formation pour quelle audience ?

Oui, c’est possible et important ! Essentiellement il faut sauver cette année scolaire. Mais le contexte médiatique ne permet pas aux enfants d’apprendre devant leurs postes récepteurs radios ou de télévision. Le format qui intéresse les tout petits est celui de la bande dessinée pour la télévision par exemple. Des contrats sont en cours de finalisation avec des médias privés et communautaires pour disponibiliser des espaces. Mais diffuser à la radio les cours est une forme de discrimination pour ceux n’ayant pas de postes récepteurs, pour ceux qui n’ont pas accès à l’énergie pour auditionner les cours.

La classe est désormais à la maison

Certains enfants ont des difficultés à apprendre même devant les enseignants et d’autres camarades. Une chose est sure, les enfants n’apprendront pas seuls. Les concepteurs de ce plan misent sur une participation des parents, tuteurs et autres encadreurs pourtant certains parents qui n’ont pas étudié ne sauront pas comment s’y prendre. Pendant cette période de confinement, certains parents travaillent et cherchent comment subvenir aux besoins des familles. Et ces cours passent les avant-midis de chaque jour.

L’autre difficulté réside dans les matières à enseigner. Certaines leçons ne peuvent jamais passer par la voie des ondes comme les sciences à l’école primaire ou en septième et huitième année, des cours comme la « technologie ». Les mathématiques et le français devront être les seules matières qui puissent être diffusées.

La langue de diffusion

Sur la Radio Télévision Nationale Congolaise (chaine de l’Etat) et sur radio Okapi, les matières sont données en français. Pourtant certains enfants sont habitués à un français mêlé à leur langue nationale pour ceux des villes ou ethnique pour ceux des villages. A la RTNC, les cours sont aussi donnés en langue nationale mais qui ne tient pas compte des changements des régions. Pour la seule langue Swahili, par exemple, il faut énumérer au moins six formes différentes. Le Swahili du Katanga, le Swahili du Maniema, le Swahili d’Uvira, de Bukavu-Goma, celui de Butembo et de Bunia. Et quand un enfant ne comprend pas la langue, inutile de vous dire la suite.

L’examen

Pour prouver l’inefficacité de cette méthode, les organisateurs n’ont jusqu’à présent pas dévoilé la méthode d’interrogation et d’évaluation après diffusion des matières. Il est difficile de faire l’évaluation avec cette méthode qui parait inefficace et non adaptée au contexte congolais sur plusieurs plans.

Tout en espérant que les enfants apprendront quelque chose, prions que les acteurs du secteur éducatif tirent des bonnes leçons de cette pratique. Que dans l’avenir, ils intègrent encore plus les Nouvelles technologies de l’information et de la communication dans le système éducatif avec intention d’aider cette future génération des congolais aux enjeux de l’heure.

 

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