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RDC : Les veuves militaires vivent dans la précarité (Témoignage)

En  République Démocratique du Congo, les veuves de militaires continuent à se plaindre du non accompagnement du gouvernement congolais. Elles se disent parfois privées de gratifications à vie qui leur revient de droit. Le partage de la solde avec plusieurs femmes du défunt militaire polygame est aussi l’un des problèmes auquel  font face les veuves des militaires au quotidien. Témoignage de Bibiche Acishibanza.

Âgée actuellement de 50 ans, Bibiche Acishibanza est originaire de la province du Sud-Kivu et veuve militaire depuis 3 ans. On la retrouve sur une longue lignée d’attente de paie de la solde de son défunt mari, Jean, avec plusieurs autres femmes de militaires, devant un petit guichet de retrait en plein centre-ville de Goma, au Nord-Kivu. « Mon mari est mort il y a maintenant 3 ans et depuis, c’est la souffrance que je vis avec les 5 enfants qu’il m’a laissés », nous relate-t-elle avec une voix pitoyable.

Tous les enfants de Bibiche, 2 filles et 3 garçons, ne jouissent pas depuis les 3 années de primes  de leur père. Ils étudient à tour de rôle selon les moyens financiers familiaux. Aucun jusqu’à présent n’est diplômé d’Etat. Ils dépendent en tout de leur maman. « Mes enfants ne font pour l’instant rien du tout. Ils ne partent plus à l’école par manque de moyens. Jusqu’à présent, aucune aide du gouvernement m’est parvenue pour leur scolarisation », poursuit-elle.

La situation que traverse la famille de Bibiche est en contradiction avec les lois de la RDC. Dans l’arrêté ministériel 8/61 du 21 octobre 1961, portant règlement de l’assurance chapitre 1er : Branche des pensions à son article 4 stipule que la famille qui traverse le veuvage a droit à une pension de veuve si, à la date du décès de son mari, elle a atteint l’Age de 50 ans ou si elle est invalide, le droit à la pension s’éteint en cas de remariage et se trouve remplacé par l’attribution d’une allocation unique. L’article renchérit: … les enfants du défunt ont droit à une allocation unique d’orphelin repartie entre eux à parts égales.

Pour éviter les problèmes avec ses voisins et surtout qu’elle était déjà avancée en âge pour se remarier, Bibiche a décidé d’habiter à Muningi au détriment du camp militaire de Katindo avec sa flatterie. Muningi est situé dans le territoire de Nyiragongo, à 10 Km de Goma. « Si tu n’as pas de conjoint, c’est difficile de cohabiter avec les autres dans le camp, surtout que moi, je suis déjà âgée. Je ne peux plus me quereller avec les autres femmes » martèle Bibiche.

Comme beaucoup d’autres veuves qui sont confrontées au problème de femmes qui se disent être aussi « veuves » et dont les noms apparaissent dans le registre, Bibiche ne fait pas exception. Etant légalement connue comme redevable de la solde de son mari, Bibiche est altruiste et doit partager son allocation avec une autre femme avec laquelle son défunt mari a eu un enfant. Elle touche chaque mois 174 000 FC, soit  91 dollars américains. Elle partage 28 pourcent de cet argent avec son acolyte. « Je touche, qui n’est pas chaque mois et avec plusieurs acrobaties, 174 000 FC. Je donne 50 000 FC à cette autre femme car possédant un seul enfant de mon défunt époux», souligne-t-elle. A part cette dame à qui elle partage cette somme, Bibiche s’est mesurée à un autre obstacle. « Pour cette solde, je suis chaque jour menacée par des gens qui n’étaient même pas de l’entourage de mon mari, ils réclament aussi leur part  », s’est-elle plainte. Cette situation l’amène parfois devant les chefs militaires pour trouver gain de cause. Malheureusement, la menace persiste sur ses épaules plus de 3 fois qu’elle est apparue devant ses chefs.

Pour survivre avec cette petite somme, entre loyer et l’alimentation des enfants, Bibiche Acishibanza, s’est livrée dans la vente des vivres. Ce petit commerce est compliqué pour l’instant dû à la crise sanitaire de la Covid 19, qui frappe le pays. « Pour survivre avec cet argent durant un ou plusieurs mois, je dois partir exporter les légumes dans les territoires et villages et revenir les revendre en ville, explique bibiche. Cette pandémie du corona virus ne me facilite pas la tâche ces derniers temps ».

Selon les estimations annoncées en 2015 sur les ondes de la radio Okapi, sur les 4.400 veuves de guerre en RDC, seuls 920 ont bénéficié des soldes de leurs maris. Et comme l’assurent les autorités locales, il n’est pas possible de confirmer le nombre exact de veuves militaires en province du Nord-Kivu.

Grace au nouveau régime qui dirige le pays depuis bientôt 2 ans, a en croire Bibiche, la situation de veuves militaires et de guerre devrait changer. C’est qui est utopique jusqu’au jour d’aujourd’hui. « Quand le président a envoyé de la nourriture pour les veuves, on m’a complètement ignoré et les chefs qui les distribuaient offraient en fonction de connaissance qu’ils entretiennent avec les veuves », se rappelle Bibiche. Elle continue, malgré tout, à croire que ses conditions de vie et de ses enfants seront bonnes.

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