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RDC : L’Entrepreneuriat et la jeunesse, une frime ou un vrai moteur de développement ?

Que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans la vie physique, certains concepts sont devenus courants lors des présentations : je suis un jeune entrepreneur, j’ai créé ma propre société, je suis CEO[1] de l’entreprise tel, etc. sans parler de la forte publicité qui s’en suit. Avons-nous quelque chose à attendre de cette multitude des jeunes créateurs des entreprises qui donnent l’impression de ne passer que par un chômage déguisé ?

Aujourd’hui plus que jamais, on assiste à un mouvement complexe dans le domaine de l’entrepreneuriat dans le pays, non seulement parce qu’il ne nous permet pas de comprendre en gros les idées derrière les têtes des jeunes, mais aussi parce que les concepts y sont désormais employés à tort et à travers, simplement parce que ça fait tendance, sans prendre en compte leur vraie signification et les rôles qu’ils sont sensés jouer.

Certes, la RDC est un pays qui a besoin d’entrepreneurs pour se développer puisqu’avec la situation du pays, les jeunes ne peuvent pas espérer à être tous un jour ou l’autre pris en charge par le pouvoir public qui, sans citer personne, semble préoccupé par ses propres intérêts plutôt que d’investir en eux et leurs potentiels.

« Tous les propriétaires d’entreprises ne sont pas des entrepreneurs. Tous les entrepreneurs ne sont pas propriétaires d’une entreprise » – G. Kowene

Nous sommes d’accord aussi sur le fait pour les jeunes de s’engager eux-mêmes à trouver des solutions à leurs problèmes par des initiatives personnelles ou collectives, que ce soit dans le domaine social ou technique. Après tout, réfléchir ainsi est mieux que de passer ses journées entières au lit ou devant la télé.

Seulement, ce qui nous intrigue ici est ce qu’on remarque : tout le monde veut être son propre chef, un peu comme si être entrepreneur signifiait simplement cela : avoir une entreprise qui porte son nom. Selon les dires de plusieurs jeunes aujourd’hui, les temps sont révolus, travailler pour quelqu’un d’autre est devenu une option obsolète, pour d’autres les chefs ont tendance à exploiter leurs subalternes, et en tant que des ‘’leaders’’, il faut être celui qui mène et non celui qu’on mène. Chacun préfère désormais créer sa propre boite, avec ou sans les moyens nécessaires, avec des idées bien établies ou pas du tout, pourvu que l’on ait le titre avec tout le prestige qu’il comporte, de CEO, de Founder, d’Initiateur de …, etc. ce qui est étonnant est que plusieurs entreprises de jeunes, qui friment sur les réseaux sociaux depuis plusieurs années n’ont pas de chiffre d’affaire.[2] Même ceux qui n’ont encore que de simples idées de projets ont droit à ces titres, avec le plan de les réaliser ou pas.

Tout cela n’est pas du tout mal. Ce qui l’est, c’est de voir cette publicité des titres dont on ne sent pas du tout l’impact dans le développement de notre pays et celui de la jeunesse elle-même. Parce que, bien entendu, le plus important ce n’est pas d’être appelé comme ceci ou comme cela, mais de contribuer véritablement à l’évolution des choses, d’apporter sa pierre à la construction de l’édifice, et on sait tous que cela ne se fait pas avec les concepts mais avec des actions concrètes, traçables et évaluables.

Un autre aspect qui mérite de l’attention, c’est le fait qu’en RDC, lorsqu’on essaie de faire un petit sondage, on trouve que, comparativement à tous les bavardages sur les réseaux sociaux dont les ‘’jeunes entrepreneurs’’ sont auteurs, le nombre de personnes qui travaillent véritablement et qui ont des entreprises qui contribuent à l’amélioration des conditions de vie des congolais est réduit.

La plupart de fois aussi, la confusion se sème au niveau même des concepts. Très peu connaissent la différence entre une entreprise et une start-up. Plusieurs jeunes qui se lancent dans des initiatives à caractère lucratif tels que la vente de certains services dans l’objectif de générer des revenus, de maximiser les recettes, proclament avec toute la fierté qu’ils ont créé des entreprises, au lieu de parler de start-ups qui convient aux activités qu’ils mènent.

A ce sujet, nous pensons qu’il serait important de créer des écoles d’entrepreneuriat qui puissent apprendre aux jeunes de telles notions, en gardant un œil sur les vrais problèmes auxquels ils doivent s’intéresser en pensant à entreprendre puisqu’en effet, plusieurs parmi eux se lancent simplement dans le commerce ce qui fait que la plupart des startups créées jusque-là revendent des produits par d’autres personnes ou d’autres groupe. Très peu respectent la chaine classique la plus courte, celle de production-transformation-vente.

Bref, la RDC a sans aucun doute besoin d’une jeunesse qui prend son avenir en main, qui réfléchit à des solutions adéquates aux problèmes de toute sorte auxquels elle se heurte. Mais prendre l’entrepreneuriat comme une frime, tout simplement pour être vu et connu des autres, ce n’est pas cela qui fera changer les choses dans le pays. Si les jeunes congolais veulent développer la RDC, ils doivent penser à être un peu plus sérieux dans leurs façons d’entreprendre et surtout, penser à résoudre les problèmes les plus criants, à leur niveau bien sur. Après tout, c’est tout ce qu’ils peuvent faire dans un pays comme celui-ci !

 

[1]Le sigle anglo-saxon CEO pour Chief ExecutiveOfficer se traduit en français par directeur général. De façon moins courante, le CEO peut également désigner le président-directeur général d’une entreprise.

[2] Le chiffre d’affaires représente le montant des affaires (hors taxes) réalisées par une unité statistique (entreprise, unité légale) avec les tiers dans l’exercice de son activité professionnelle normale et courante. Il correspond à la somme des ventes de marchandises, de produits fabriqués, des prestations de services et des produits des activités annexes.

Comments (1)

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    Reply Providencia - June 29, 2020

    L’article est vraiment passionnant dans la mesure où il tente à recadrer un concept du moment…
    Cependant certaines précisions sont très importantes telles que :
    – Toute initiative mise en place dans le cadre de faire du bénéfice est tout d’abord une entreprise, peu importe qu’elle soit dans le secteur formel ou informel .
    – Une startup c’est par contre une entreprise naissante mais dans laquelle on identifie un potentiel de croissance rapide.
    «Chômeurs déguisés, frimers de réseaux sociaux, rêveurs,… »; tout le monde a tout d’abord droit de rêver, car celui qui ne rêve pas, suicide son âme à petits feux…
    Nous devrions plutôt interpeller le gouvernement qui gaspille des sommes colossales dans des futilités à porter main forte à ces entrepreneurs qui peinent pour se faire ne fut-ce-qu’un capital social afin de démarrer un business…
    Cela serait une façon de challenger leurs créativités afin de trouver des solutions aux problèmes communautaires !
    Cordialement 😉

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