Nord-Kivu : L’éruption du volcan Nyiragongo n’a pas épargné la lutte contre le covid–19

Le Congo se souviendra toujours de la date tragique du 22 mai avec l’éruption de l’un des volcans les plus dangereux au monde, le Nyiragongo.

Une éruption ayant causé des pertes en vies humaines et des dégâts matériels.

Mais aujourd’hui un autre danger à craindre est l’augmentation des cas confirmés covid-19.

L’une des provinces les plus touchées par la pandémie de covid-19, le Nord-Kivu avait déjà débuté sa campagne de vaccination contre le covid-19, grâce au programme Covax.

L’Hôpital Général de Référence de Virunga à Goma, l’un des principaux sites de vaccination, se trouve malheureusement dans le quartier Virunga, un des quartiers exposés aux gaz issus de l’éruption du volcan Nyiragongo de ce 22 mai.

Une situation qui a contraint l’hôpital à suspendre la campagne de vaccination.

En effet, bien que la coulée des laves du volcan Nyiragongo n’ait pas atteint la plus grande ville de l’Est de la RD.Congo, les séismes à répétition et la montée des gaz nocifs tels que le dioxyde de carbone, le monoxyde de carbone et anhydride sulfureux dans les airs ont contraint la grande majorité de la population de Goma à évacuer la ville.

Au total 10 quartiers sur les 18 qui composent la ville devaient obligatoirement évacuer vers la cité de Sake, le territoire de Rutshuru, Gisenyi (au Rwanda) ou encore vers la ville de Bukavu. Le 8 autres ayant été appelés à évacuer par prévention sans être obligés.

Une crise humanitaire qui n’a pas épargné la lutte contre la pandémie de covid-19 pour toute la région du Nord-Kivu, car en plus de la suspension de la vaccination, qui était déjà une réponse qui s’avérait efficace contre la continuité des nouveaux cas, l’Institut National de Recherche Biomédicale qui a un laboratoire dans la ville de Goma, le seul pour toute la région, n’a pas pu continuer avec le programme covid voyage.

Ce programme de l’INRB qui consiste à imposer à tous les voyageurs un test covid-19 avant de quitter la ville ou le pays est pourtant le seul moyen très efficace et rapide pour le gouvernement congolais de repérer les nouveaux cas covid-19 pour une prise en charge au moment le plus propice possible.

En plus de ne pas subir un contrôle sanitaire, le port du masque n’était pas d’actualité. Lors l’annonce de cette évacuation, aucune information relative au port du masque n’avait été soulignée par le gouverneur militaire du Nord-Kivu.

Des problèmes non pris en compte par les mesures d’évacuations qui doivent faire redouter désormais une augmentation des nouveaux cas après le retour de la population dans la ville.

Sake principal lieu d’évacuation de la population est une cité qui n’est pas dotée des moyens efficaces de détection des cas de covid-19, on y assiste désormais à l’entassement de la population qui en plus de ne pas prendre des mesures de distanciation sociale ne subit aucun contrôle sanitaire.

La population déjà exposée à des diverses maladies faute d’eau potable, doit désormais faire face à une probable recrudescence de la pandémie à covid-19 pour les jours à venir.

Le 18 avril dernier la province du Nord-Kivu avait enregistré à elle seule 18 cas sur 62 en République Démocratique du Congo.

Des mesures tenant en compte cette situation devront être prise en compte devront être prises par le gouvernement provincial en s’impliquant d’avantage à faire respecter le port du masque et en sensibilisant beaucoup plus la population à se faire vacciner et respecter les distanciations sociales après leur réinstallation à Goma.

Mbula Amani Nicolas.

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