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Goma : Quand la Covid change la vie des artistes de Karaoké

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Généralement, au courant de la semaine et majoritairement les weekends, la ville de Goma vibre avec plusieurs productions musicales en live. Les artistes locaux chantent pour le public dans des bars et restaurants. Cette activité payante, pour la plupart, donne une opportunité à plusieurs artistes musiciens, chanteurs et danseurs, de non seulement exposer leurs talents à leurs fans mais aussi de gagner de d’argent. Ce qui actuellement est impossible vu que les activités de masse ne sont pas autorisées, l’état d’urgence sanitaire l’exige.  

JC Kibombo est un artiste musicien de la ville de Goma depuis plus d’une décennie. Avec des chanteurs, danseurs, percussionnistes et autres instrumentistes, Kibombo dirige un groupe de plus de 20 artistes dans son Orchestre « Cours des grand ». Ce dernier livre chaque semaine des concerts et de Karaoké.

Le Karaoké est un concept japonais qui a envahi le monde. Ce sont des accompagnements musicaux chantés par le public. En République Démocratique du Congo, le Karaoké est né au début du XXème siècle avec des fans de la musique congolaise qui interpretent leurs artistes préférés. A Léopoldville (actuelle Kinshasa), des jeunes se produisent dans des Nganda[1]. La spécialité congolaise de karaoké est que ce sont des groupes professionnels qui chantent les chansons populaires des stars de la rumba congolaise en imitant les voix, la batterie, les instruments. Les artistes font des répétitions à l’avance et sur scène, ils se produisent sous forme de concert live.

(ph. Moses Sawasawa)

« Le Karaoké impacte vraiment sur l’activité artistique et le secteur de la musique dans notre ville » souligne cet artiste de la Rumba qui avoue qu’avec la présence de la Covid19 plusieurs choses ont changé. « Nous dépendons d’un contrat synallagmatique, c’est-à-dire, nous sommes payé par prestation… pas de prestation pas de paiement » a dit avec tristesse celui qui se nomme le Professeur.

Cependant, certains collègues de Jc Kibombo estiment avoir perdu plusque le paiement de la prestation de Karaoké.  Alain Kanzien du groupe de JC Kibombo, s’estime plus inquiet actuellement de la distanciation sociale. « Nous sommes plus touchés par la perte du contact humain avec nos fans et bienfaiteurs.» En RDC, les noms de certaines personnes font parti des ingrédients forcés dans des chansons, le Libanga. Un terme kinois, Libanga, qui est le fait de glisser dans une chanson le nom d’une personne. La plupart des personnes citées dans des chansons congolaises sont des personnalités politiques, économiques et d’autres stars qui ne sont pas dans le monde de la musique comme les sportifs. Le libanga n’est jamais gratuit c’est toujours en échange de quelques choses. Ça peut dire merci ou ça peut susciter un merci.  Pour des artistes de Karaoké c’est le service le plus rentable, un acte que certains considèrent comme ‘mendicité’.

Dans ce pays de Franco Luambo, Tabu Ley, Papa Wemba et d’autres grandes stars qui ont fait le nom du Congo Kinshasa dans le monde de la musique, la culture du streaming n’est pas très développée. L’usage de l’internet est limité aux réseaux sociaux, l’information et certaines recherches. Les artistes comptent le plus sur le mécénat, la vente des chansons dans des disques, les rares contrats de publicité et des productions en live et le célèbre Libanga.

(ph. Moses Sawasawa)

Pour plusieurs artistes, le Karaoké à la congolaise tue l’inspiration et la créativité de l’artiste.  PopalIsse, lui, s’interrogeait quelques mois avant sur cette pratique. Pour cet artiste musicien de la ville de Butembo : « Les Karaokés sont utiles car ils rapportent un peu d’argent aux artistes. Mais sur le plan de développement artistique c’est une perte. Les artistes passent leurs temps à interpréter des chansons d’autres artistes. Je pense qu’il faut qu’ils chantent leurs propres chansons. Le mieux est de réfléchir sur une meilleure rentabilité »  a-t-il martelé.

Et pendant que certains artistes de Karaoké se retrouvent au chômage et sans comptes en banque, l’artiste StinoLançar, lui, ne soutient pas que les artistes sont affectés par la non tenue de Karaokés. « On doit savoir s’adapter, on est pas obligé de faire chaque fois de Karaoké, je ne pense pas que l’on ne survit pas pour le Karaoké. » explique cette star.

Cette période est une de survie ! Ces nombreux artistes attendent la reprise d’activités. Toute fois insiste Jc Kibombo C’est bien mieux pour chaque artiste d’épargner pour resister des situations comme celle-ci de la Covid19. Il conseille aux artistes d’exploiter cette trêve pour faire des répétitions à fin de revenir avec une nouvelle énergie.

[1] Nom venu du Lingala désignant un bar à la congolaise où on sert de la bière et d’autres boissons.

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