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Goma - RDC
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Goma : Le doute plane encore sur l’existence de Covid 19 en RDC

Durant  7 jours, soit du 3 au 10 Aout, la province du Nord-Kivu a enregistré 136 cas, parmi eux 13 décès  dont 9 à Goma selon les chiffres officiels de l’institut national de recherche biomédical de Kinshasa. Ce chiffre témoigne l’ampleur sans précèdent que cette pandémie est en train de prendre au Nord-Kivu. Les habitants de Goma vaguent encore dans l’assurance de l’existence de ce virus.

Par David KASI

« Je ne sais pas si le corona virus est dans cette ville parce qu’on ne nous montre pas les malades ou les morts à la télé comme dans d’autres pays ». Augustin Kulimushi est élève au secondaire converti en vendeur ambulant, en plein centre-ville, durant les mois sans cours. « J’ai appris que ce virus se développe plus dans les pays où il fait froid, chez nous, c’est quasiment le contraire », s’explique-t-il.

À une dizaine de mètres de lui, se trouve Chadrack Nashibuga, qui sillonne les artères de Goma avec un seau remplis de macédoines de fruits. Tout comme augustin, le doute plane sur l’existence de la Covid dans le pays.  « Ce virus existe ailleurs oui. Mais pas encore dans notre pays », partage-t-il son avis avec un visage inconfiant pour cause, évidement, des conséquences économiques que le virus a eu sur sa marchandise. Depuis le début de la crise sanitaire, il ne vend que 50 pourcent de sa marchandise journalière.

D’ores et déjà, le Nord-Kivu est la deuxième province la plus touchée en RDC après Kinshasa avec 423 cas. Apres un relâchement observé dans la population dans la lutte contre le Covid 19 depuis la levée de l’état d’urgence, les autorités provinciales ont procédé aux nouvelles instructions.

L’exécutif provincial appelle la population à observer strictement les mesures barrières afin de lutter contre cette pandémie. C’est notamment le port correct et obligatoire des masques dans les lieux publics, le lavage des mains, la limitation du nombre des passagers dans le transport public et privé, l’interdiction d’organisation des deuils à domicile. Les dépouilles devraient être directement acheminées de la morgue aux cimetières. Le cortège funèbre ne doit pas dépasser 3 véhicules. Cela devra être applicable des mercredi 12 aout. Les contrevenants seront sanctionnés des amandes.

Pendant les périodes d’application stricte de gestes barrières contre le Corona virus, ce sont les motards qui sont plus exposés aux amandes et arrestations. La moto est le moyen de transport le plus utilisé à Goma et beaucoup, pour parvenir à empiler leur recette, ils transportent les clients sans cache-nez. Félicien Kanane, 30 ans, est l’un d’eux. Lui aussi croit que le virus n’est pas de la même ampleur en RDC comme dans d’autres pays. Toutes fois, par mesure de prudence, il se protège mais il se calle à un obstacle qui a une conséquence directe sur son travail. « Parfois nos clients nous injurient si on les exige de porter le cache-nez avant de monter sur la moto. Ils préfèrent garder ça dans leur sac ou poche. Cela ne va pas m’empêcher de les transporter. Je suis dépendant de l’argent qu’ils me font », explique-t-il avec un cache-nez arborant les couleurs du drapeau congolais.

Nebo Kubuya, lui aussi motard depuis 9 ans, juge bon de sacrifier sa recette journalière dans le but précis de faire respecter les mesures barrières édictées par l’autorité provinciale. « Je ne veux pas transporter un client qui va refuser de porter le cache-nez ». Malgré cette détermination, il ne fait pas confiance au test de Covid 19 qu’on effectue sur la population congolaise. « Le Covid existe, je suis sûr mais même si tu souffres de céphalée, on peut te diagnostiquer ce virus. C’est ce qui me fait douter encore sur l’existence réelle de cette pandémie dans notre pays ».

Les autorités doivent être les exemples de la lutte contre le Covid 19

Le relâchement des mesures de lutte contre Covid 19 ne semble pas être toujours du côté de la population gomatracienne. Les autorités ou agents même de l’état ont déjà fait preuve de ce délaissement.  Ce qui encourage  plus les habitants de ne pas trop s’engager dans ce combat.

« Je viens de transporter une personne à un bureau de l’état. J’ai constaté avec regret que sur plus de 100 personnes qui étaient dans la cour, c’est au moins 10 à 20 personnes qui portaient les cache-nez. C’est bien eux qui doivent être les exemples pour nous la population », raconte Félicien Kanane.

Félicien va loin et proposer le gouvernement provincial et national d’envoyer les agents mobilisateurs sur le terrain comme c’est fut le cas pour d’autres maladies comme Ebola ou Cholera. Il appelle aussi à ses concitoyens de prendre conscience car, selon lui, les amandes ne suffiront pas pour conscientiser. « Ils vont peut-être porter les masques par peur de la police et non de la maladie » ; conclut-il.

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