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Goma : Covid-19, un bénéfice pour la viande RD Congolaise?

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L’isolement de la RDC pour limiter la propagation du Corona Virus a causé plusieurs disproportions et irrégularités dans la vie de plusieurs habitants et ce, sur plusieurs plans et secteurs. Mais certains secteurs comme celui de la production de la viande profitent tant bien que mal de cette situation. La viande congolaise est de plus en plus redécouverte par la population de Goma.

Par Akilimali Saleh Chomachoma

La ville de Goma compte aujourd’hui près de deux millions d’habitants, répartis sur deux communes et 18 quartiers.[1] La consommation de la viande y est constante. Pour répondre à ce besoin, la majorité de vendeurs s’approvisionnent dans la province de l’Ouestdu Rwanda. Pas seulement la viande de bœuf mais aussi celle d’autres animaux comme les porcs, les poules, les moutons, les chèvres et bien d’autres. Une pratique qui peu à peu a dévalorisé la production congolaise de la viande qui parait chère aux yeux de plusieurs acheteurs, comparativement à celle qui est importée. La fermeture de la frontière Congolo-rwandaise est ainsi vue comme une aubaine pour les commerçants de Goma. La viande venant du Rwanda passe toujours par la frontière, mais les restrictions douanières et l’interdiction des passagers réduit sensiblement l’importation de cette denrée sur le sol congolais.

Les abattoirs en fonctionnement maximale

Kavenya Kasiwa Abraham est un ancien boucher du territoire de Nyiragongo, avec d’autres collègues, ils ont créé une structure nommé « ABENYI : Association des Bouchers de Nyiragongo » à Buhene dans la périphérie au Nord de la ville de Goma. Ici, ils ont un abattoir semi-moderne qui fonctionne avec des moyens de bord. Si, auparavant le problème était le manque de clientèle, actuellement, ils s’activent pour répondre à la forte demande. « Avant nous égorgions autours de trois à six bêtes mais actuellement nous arrivons à égorger quinze à vingt vaches par jour. Nous faisons de notre mieux pour adapter nos techniques et notre personnel à la demande actuelle. » Estime ce président ABENYI qui voit des beaux jours devant lui dans son travail.

Au sud-ouest de la ville de Goma se trouve le plus grand abattoir moderne de la province du Nord-Kivu. Appartenant à un collectif des éleveurs, l’abattoir SABAGO, dit de Kituku en référence au marché de Kituku, se trouvant en face ; « c’est une unité de production qui travaille à plus de 150% de sa capacité à cause de la venue des plusieurs vaches à abattre » a estimé Kambale Bakhe, directeur de l’abattoir.

Les chèvres en carence

Depuis la fermeture des frontières, la viande de chèvre a mêmement changé de prix. Vendue au paravant à 7000 francs congolais le kilogramme (près de 4dollars), elle est actuellement vendue à près de dix milles francs dans des boucheries. Cette hausse est due à la carence des chèvres dans la ville explique une marchande.

Du côté de Kahembe, le plus grand marché des chèvres en ville de Goma, c’est une carence qui s’observe. Les vendeurs des chèvres n’y viennent presque plus par manque de marchandises, et ceux qui y sont travaillent avec moins des 20% des bêtes qu’à la normale.

Au marché de Nyabushongo, vu la situation présente, les vendeurs ont signé un contrat exclusif avec une association Rwandaise d’éleveurs de chèvre à Gisenyi, la Communauté Economique des Pays des Grands Lac « CEPGL » facilite ainsi l’importation de près de 50 chèvres par jour.

Plus de concurrence déloyale pour les poules

Le poulet est un des repas très respecté en ville de Goma. Plusieurs restaurants le servent à leur menu. Dans des sorties en couple ou en famille, le poulet et le poisson souvent accompagnés des frittes sont les plus convoités par les consommateurs.

La production notamment Rwandaise et Ougandaise a fragilisé les poules congolaises avec des coups de production trop bas, à grande échelle et un prix qui inferieur par rapport au prix du marché congolais. La concurrence s’exerçait jusque dans les rues de Goma où des femmes rwandaises vendaient comme ambulantes des poules. La fermeture des frontières pousse les restaurateurs et des vendeurs congolais à ne s’approvisionner qu’aux poulaillers de la RDC.

La saveur du bœuf congolais

Cette situation parait très bénéfique pour les intervenants dans le secteur de la viande mais également pour les consommateurs de ces produits qui pour la plus part goutent uniquement  à la viande congolaise. Kavenya Kasiwa esquisse un grand sourire en disant : «Certaines clientes viennent pour nous dire que c’est une bonne viande que nous produisons ici localement, qu’elles continueront à se ravitailler chez nous pour être plus en forme avec une bonne viande »

Suzanne Sifa ajoute que les clients aiment beaucoup la viande congolaise mais ne supportent pas encore le prix à payer. « Les vaches du Congo sont des vaches nourrit naturellement avec des herbes sans engrais, ils ne se sont pas greffés. La viande congolaise est certainement bonne mais la bonne qualité a un prix plus élevé, les clients ne comprennent pas cela encore mais j’espère que ça va arriver. »

Un secteur congolais à réajuster

Il y a plusieurs éléments qu’il faut modifier pour améliorer ce secteur et profiter pour l’autonomie de la RDC. Cela pourrait aider à l’accroissement du produit intérieur brut. L’Etat doit participer en soutenant les petites et moyennes entreprises dans cette professionnalisation de la filière animale.

La production des chèvres en RDC est encore familiale ou de subsistance. Les nouvelles entreprises agricoles devraient analyser cela et trouver une solution pour rendre la République Démocratique du Congo indépendante.

Dans le secteur, l’urgence est de produire les animaux en grande quantité tout en gardant la bonne qualité, labéliser les viandes congolaises et couvrir la demande nationale pour penser à l’exportation dans l’avenir. Cela pourrait réduire l’exode rural qui est en vogue en RDC.

 

[1] Rapport de la mairie de Goma, juillet 2019

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