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Butembo : Après Ebola, une vie à refaire

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Les provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri s’apprêtent à déclarer la fin de l’épidémie d’Ebola. C’est à l’est de la République Démocratique du Congo. Depuis le mercredi 17 juin 2020, le ministre national de la santé séjourne à Goma pour déclarer sur le terrain la fin de cette épidémie. Dans ce terroir Ebola a duré plus de deux ans et a fait plus des 3600 contaminations dont plus de 2000 morts. La déclaration de la fin d’Ebola est une bonne nouvelle sanitaire, cependant une situation catastrophique attend ces communautés qui ont changé de vie économiquement et doivent revenir aux anciennes habitudes. Butembo doit faire ce chemin!

Butembo est une ville située dans la province du Nord-Kivu, avec une population de près de 200 000 habitants dispersés dans quatre communes, c’est la capitale commerciale de l’est de la RDC. Ici rodent plusieurs boutiques, magasins, succursales et représentations des entreprises chinoises, indiennes, arabes, coréennes et d’autres nations pour des fins de business.

Une injection de beaucoup de dollars

Aout 2018, quelques cas  d’Ebola sont déclarés positifs à Mangina dans le territoire de Beni, c’est la panique généralisée au sein des quartiers généraux des Organisations non-gouvernementales sanitaire et d’assistance dans la région. Mais la population ne panique pas et poursuit ses habitudes dans le calme, les contaminations se poursuivent et atteignent la ville de Butembo.

(ph. Moses Sawa Sawa)

Plusieurs ONGs affluent vers cette ville qui n’était qu’au gré des hommes et femmes d’affaires. Elle devient le centre de contamination avec un millier des cas. Dans la vie des Bubolais (habitant de la ville Butembo), des administratifs et gérants de galeries étaient les personnes les mieux payées. Ces derniers  recevaient en moyenne 150 dollars le mois. L’avènement d’Ebola avait tout changé avec des millions des dollars injectés dans la riposte contre ce virus. Les relais communautaires, en bas de l’échelle de rémunération, qui avant n’étaient que volontaires et recevaient près de 100 dollars par an ont vu leur prime accroitre à plus de 25 fois avec un frais dit de motivation de 300 dollars. Si ces relais communautaires étaient en bas sur la liste des personnes rémunérées par la riposte d’autres personnes ont été recrutées pour un salaire allant jusqu’à 3000dollars. Près d’un millier des locaux sont recrutés et sont appuyés par un millier des nationaux et plusieurs centaines des internationaux indique la société civile locale.

Sur le plan logistique, les hôtels ont été occupés dans la totalité par l’équipe de riposte. Pour célébrer un mariage à Butembo, il fallait aller vers le stade Matokeo vu que les salles de fêtes sont toutes devenues bureaux collectifs des structures de riposte. La riposte et les organisations membres se trouvent insatisfaites et louent les belles maisons qui sont dans les quartiers résidentiels. Les prix de plusieurs matériels et fournitures se revoit à la hausse.  Une voiture est louée exactement 80 dollars par jour pendant plusieurs mois. Une jeep se loue à 150 dollars par jour. Les voitures de la ville sont toutes prises mais la demande s’accroit. Une opportunité d’affaire, pour répondre au besoin, certains commerçants importent des véhicules pour qu’ils soient loués, d’autres personnes cherchent des véhicules dans d’autres villes comme Bunia et Goma car Beni déjà pris par une autre équipe de riposte.

Le prix des denrées alimentaires grimpe également et approche le triple pour certains produits comme la pomme de terre. Plusieurs personnes créent des services traiteurs et restaurants pour nourrir ce grand nombre des nationaux et étrangers qui ont besoin des aliments pour survivre.

Ebola source d’une insécurité généralisée.

Une partie de la population ne croit pas jusqu’à présent  à l’existence de la maladie à virus Ebola. Pour elle les équipes de riposte sont sur place pour une toute autre mission, celle d’exterminer la population Yira[1]pour intégrer les étrangers sur leur sol. Cette population crée une résistance partant des marches pacifiques, par l’attaque du personnel de la riposte jusqu’à l’incendie du Centre de triage Ebola.

Des conflits et jalousies s’observent entre ceux qui sont recrutés dans la riposte et ceux qui sont laissés pour compte par la riposte. Les agents locaux sont attaqués et accusés de compromission avec les étrangers. Leurs familles ne sont pas épargnées dans des quartiers plus résistants de la ville.

Les groupes armés locaux participent dans l’affaire et s’attaquent à maintes reprises aux postes de contrôle aux points d’entrés de la ville en provenance de Goma au Sud et en provenance de Beni et Kasindi au Nord-Kivu. Le plus grand Centre de Traitement Ebola à Butembo, CTE de l’ITAV, sera ainsi attaqué et incendié en février 2019. Un  groupe des mai-mai[2]arrive jusqu’en ville.

(ph. Moses Sawa Sawa)

Toute une vie à raccommoder

Il faudra repenser la vie dans cet environnement qui a complètement changé. Les véhicules doivent rentrer à la maison et réévaluer leur usage. Depuis plusieurs mois, la riposte réduit progressivement son charroi automobile avec la fin de l’épidémie, le reste des véhicules qui y étaient devront revenir aux propriétaires,dans une ville où seules motos font le taxi à l’intérieur de la ville.

Ce millier des personnes doivent revenir pour la plupart à leurs anciens emplois avec pour certains moins de dix fois leur salaire actuel comme le personnel soignant. Une partie des revenus de la classe moyenne provient de l’agriculture qui avait été abandonné par plusieurs pour rejoindre les ONG. D’autres doivent revenir au chômage et se débrouiller comme avant dans une ville où l’argent ne circule que dans la classe des riches. Ceux qui travaillaient pendant des années dans les affaires avec un salaire avoisinant le SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance) congolais qui est de cinq dollars américains par jour. Pourtant, une méfiance s’observe depuis entre les grands commerçants et leurs anciens travailleurs qui pensent avoir perdu plusieurs années de leur vie dans l’enrichissement de leurs anciens patrons.

Une petite équipe va rester pour la prévention de cette maladie et un projet de suivi des guéris a déjà été mise en place mais ils ne recruteront pas plus d’une dizaine des personnes. Mais Ebola et ses millions laisse une ville très cupide et aux habitudes de consommation différentes.

[1]Les Bayira est le nom local pour designer la population nande en RDC et Konzo en Ouganda qui sont originaires de Muhulungu sur la rive droite proche de la rivière Semliki et du lac Edouard.Ils ont en commun la langue, la culture mais ce sont les frontières des pays qui les divise. Selon certains historiens, Yira désigne un royaume qui était unique avant la colonisation. C’est le nom venu de la rivière Luyira dans l’actuel Ouganda.

[2] Groupe pour la plupart ethnique des jeunes armésqui se réclament majoritairement d’autodéfense.

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